Le Pays des Vals de Saintonge Contribue au Développement des Technologies Géomatiques Open Source

Le PVS s'est appuyé sur le module SDI d'intégration de données géographiques développé par Camptocamp et reposant sur Talend Open Studio for Data Integration, pour démocratiser l'accès aux données géographiques locales.
En favorisant le développement de l'open source et même en y contribuant, le PVS a fait un choix d'avenir qui, à terme, peut influencer le développement local en renforçant les compétences open source du Département. Un manque de compétence peut être un frein au développement d'un projet comme le nôtre. Au-delà de la diffusion de données géographiques, le PVS a impulsé une véritable dynamique en adoptant une philosophie communautaire.
Emmanuel Jobin, Responsable du Pôle SIG

L'attractivité et la compétitivité d'un territoire situé au nord-est de la Charente-Maritime

A proximité de l'Atlantique, le Pays des Vals de Saintonge bénéficie d'une excellente accessibilité (autoroute A10 axe Paris-Bordeaux) et se situe à proximité immédiate d'un réseau dense d'agglomérations (Saintes, Cognac, Rochefort, La Rochelle, Niort). Sa ville centre, Saint Jean d'Angély, est un lieu où la richesse du patrimoine architectural (Abbaye Royale classée au patrimoine mondial de l'UNESCO) se conjugue avec un développement économique innovant et des pratiques durables. Les Vals de Saintonge sont un territoire de projets structurants : aménagement d'Arcadys, parc d'activités pour les entreprises de la filière environnementdéveloppement durable à Saint Jean d'Angély (label EFFINERGIE), aménagement d'un pôle mécanique deux-roues à Fontenet, projet d'aménagement d'un golf et village seniors à la Ville-aux-Moines... Le Pays des Vals de Saintonge fédère les politiques de développement et de solidarité de 7 Communautés de Communes représentant 117 communes. La croissance démographique est au rendez-vous depuis le début des années 90, avec une population voisine de 53 000 habitants répartie de manière homogène sur l'ensemble du territoire. Les missions du Syndicat Mixte, créé en 1975, consistent à définir la stratégie d'aménagement et de développement durable du territoire (Scot, SIG...) et d'animer les politiques en terme économique (atelier de la création d'entreprises), d'habitat (Programme Local de l'Habitat), de tourisme, de patrimoine, de culture et de nouvelles technologies (expérimentation Wimax).

Un département à la pointe des systèmes d'information géographiques

La Charente Maritime, composée de 9 Pays, dont celui des Vals de Saintonge, a décidé en 2002, à travers une délibération du Conseil Général, d'accompagner ses communes dans la mise en place de systèmes d'information géographiques (SIG), en s'appuyant sur les Pays et l'intercommunalité. L'objectif poursuivi était double : d'une part favoriser la consultation du cadastre par l'ensemble des administrés et des agents territoriaux via Internet et d'autre part, enrichir les données cadastrales via l'ajout de couches métiers spécifiques, décrivant principalement l'emprise du domaine public : gestion des réseaux (assainissement, eau, électricité...), infrastructures routières et sociales, etc.

« Nous visions à décliner la gestion de l'espace dans toutes les compétences des collectivités, à des fins non seulement de transparence, mais également de mise en cohérence de l'aménagement du territoire » témoigne Francis Forgeard-Grignon, à l'époque Président du PVS et initiateur du Projet, aujourd'hui vice-Président du PVS et Président de la communauté de communes du canton de Saint Jean d'Angély. « L'objectif était de développer une plateforme commune, alimentée de manière cohérente par tous les acteurs, à l'échelle du département, afin de mutualiser les coûts et de permettre à toutes les communes, dont les moins étendues, d'améliorer leur gestion de l'espace. » 

Le Département, dont la structure administrative est organisée autour de Syndicats mixtes, s'est appuyé sur le Syndicat Informatique de Charente Maritime (SI 17) pour lancer la numérisation du cadastre, première étape du projet. « Créé il y a 25 ans, le SI 17 a pour vocation de démocratiser l'usage de l'informatique à l'échelle des petites et moyennes collectivités qui disposent de moyens limités par rapport aux grandes villes que sont La Rochelle, Saintes ou Rochefort » explique Emmanuel Jobin, Responsable du pôle SIG au Syndicat Informatique. « Le cadastre n'existait pas sous forme numérique, mais représentait environ 80% des besoins du projet. Sa vectorisation a ainsi été décentralisée et le coût a été assumé par les collectivités. Aujourd'hui, 85% du territoire a été numérisé et la totalité, soit 472 communes, le sera d'ici à 2010. »

Le projet devait répondre à différents niveaux d'utilisation pour permettre d'une part, la consultation et la visualisation simples et sécurisées par les communes (et à terme par le grand public) via Internet ; d'autre part, la création et la modification de données par les utilisateurs bureautiques et métiers des collectivités (services techniques et chargés de mission) ; et enfin, la collecte, la création et la mise en forme de données par les administrateurs SIG des Pays, chargés en outre de la formation et de l'assistance aux utilisateurs.

Innovation et transparence

Le PVS, sous l'impulsion de son Président, a très tôt initié un virage vers les technologies open source. « Notre logique est de favoriser le développement de l'open source afin de fournir une alternative aux logiciels propriétaires ne répondant pas toujours aux problématiques de terrain des collectivités. De plus, susciter l'innovation en favorisant des expérimentations est un élément fondateur de notre philosophie : nous avons, par exemple, participé aux premières expérimentations WiMax en 2001. Le PVS a ainsi migré sa bureautique vers l'open source en 2002, suivi par quelques communautés de communes. Nous avons appliqué la même démarche au projet SIG, tout en affirmant notre volonté de contribuer au travail communautaire, sans nous cantonner à une simple utilisation » ajoute Francis Forgeard-Grignon. « Le pari était risqué à l'époque, mais s'inscrivait dans la durée : nous avons en réalité décidé d'acheter notre liberté de pensée, car celui qui contrôle la gestion de l'information détient un pouvoir qu'il est inimaginable de voir tomber entre les mains d'opérateurs privés. Une bonne négociation sur la numérisation du cadastre a permis de contrebalancer le surcoût de départ et en formant les ingénieurs du Syndicat Informatique nous préparons l'avenir, en nous affranchissant des contraintes financières, parfois démesurées, liées à l'évolution des solutions propriétaires. »

Un marché public, visant à la mise en place d'outils SIG pour exploiter les données cadastrales, a ainsi été lancé. Chaque Pays étant libre de choisir sa solution, le PVS a accordé sa confiance à un acteur leader de la géomatique open source au niveau européen : Camptocamp. « Les critères d'éligibilité précisaient que les candidats devaient privilégier des technologies open source sous licence GPL, ce qui était le cas de Camptocamp, qui en outre répondait parfaitement au cahier des charges. Les autres réponses étaient plus ou moins basées sur des composants open source, mais pas intégralement et pas forcément sous licence GPL » précise Emmanuel Jobin. « Camptocamp nous a présenté à cette occasion les solutions d'intégration de données de Talend, mais il n'existait pas à l'époque d'outil d'intégration des données Edigéo (cadastre vectorisé) et Magic (DGI). Le PVS a ainsi décidé de financer les connecteurs Edigéo et Magic pour charger et transformer ces données, puis de les reverser à la communauté sous licence GPL, afin d'en faire profiter toutes les collectivités françaises. Ce développement a été confié à Camptocamp, éditeur de Spatial Data Integrator, solution open source d'intégration de données géographiques basée sur Talend Open Studio for Data Integration, la solution open source bien connue de Talend. »

« Camptocamp était le seul opérateur proposant une solution 100% open source. Sa réponse illustrait ses compétences réelles : il ne proposait pas des technologies open source pour seul but de remporter le contrat. De plus, la société allait plus loin que la fourniture d'un outil, mais répondait à des problématiques annexes de maintenance, de gestion et de sauvegarde des données » ajoute Francis Forgeard-Grignon.

Économies de coûts & évolutivité, sécurité & ergonomie

La totalité de la chaîne géomatique repose aujourd'hui sur des technologies open source, depuis le stockage des données jusqu'à leur restitution, et répond à de nombreux besoins fonctionnels de consultation et de traitements. L'ergonomie du système a en outre été soignée, car au-delà des professionnels de la gestion du territoire, il sera à terme utilisé par le grand public. L'application Web est également sécurisée via la mise en place de différents niveaux de confidentialité : chaque commune accède uniquement aux données qui la concerne et le Pays voit l'intégralité de son territoire. Un poste dédié sera installé dans chaque commune et, grâce à une ligne Internet haut débit, simplifiera la consultation de ces données.

Selon Francis Forgeard-Grignon, l'un des principaux bénéfices offerts par le système de Camptocamp réside dans son évolutivité : « Si nous décidons demain de créer une centaine de postes de consultation du SIG, les coûts seront largement inférieurs à ce qu'ils seraient si nous avions adopté une solution propriétaire, puisque nous n'aurons pas à acheter de licences logicielles. D'autre part, ayant choisi de mettre en place un système reposant sur Internet, son actualisation aisée et instantanée n'implique pas la diffusion de CD de mise à jour, coûteux et complexes à gérer. Nous maîtrisons donc totalement l'évolution de notre système. »

Pour Emmanuel Jobin, les bénéfices vont au-delà des problématiques de consultation des données géographiques : « En favorisant le développement de l'open source et même en y contribuant, le PVS a fait un choix d'avenir qui, à terme, peut influencer le développement local en renforçant les compétences open source du Département. Un manque de compétence peut être un frein au développement d'un projet comme le nôtre. Au-delà de la diffusion de données géographiques, le PVS a impulsé une véritable dynamique en adoptant une philosophie communautaire. »

Le site grand public sera mis en ligne au début de l'année 2009. « Nous sommes heureux d'avoir mené ce travail collectif, financé par les administrés, et de pouvoir le mettre très prochainement à disposition d'autres collectivités françaises désireuses d'atteindre les mêmes objectifs de transparence et de maîtrise de l'aménagement du territoire » conclut Francis Forgeard-Grignon. « L'open source fut un moyen décisif pour y parvenir. »